Le temps des princesses

Alice

Il n’y a pas le temps
Non, rien de rien
Tu cours dans la prairie
Nue comme un vers sans prose
Les herbes vertes et fraîches
(fumer nuit à la santé)
Deviennent durs charbons noirs
(Garde bonne mine quand même, amie)

 
Ondine

Il n’y pas le temps
Et tout s’en va
Ondulant dans l’eau profonde
comme l’homme de l’Atlantide
Ta queue agile de poisson
d’eau de merci beaucoup
Devient soudain jambes fragiles
A table (cfr titre)

 
Myrtille

Il n’y a pas le temps
De déjeuner en paix
Dans le faste de ton château
De cartes postales
Les tentures d’or et de soie d’Inde
sentent le dal tadka et
Deviennent torches enflammées
Comme le Capitaine Flam si je puis dire

 
Samia

Il n’y a pas le temps
Sur le boulevard du temps qui passe
Tu vivais chez tes parents
Entre Père Noël et Mère Poulard
Toute fière ton diplôme en poche
(l’expérience est aussi un diplôme)
Devient ton passeport de caissière
(Sortez du bocal, consommez local)

Il n’est plus le temps
(ni des cerises ni des secrets)
Des princesses
(ni des princes à linge si je puis dire).

 

Poème en duo avec Gaëtan Sortet (http://www.gaetansortet-art.be/)

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Marie

Call me humain dragon Sick by repeating the same sentence « You’re going to die anyway »

Marie le dragon
C’est un mélange
C’est une mélasse
La merde d’un ange et les vomissements d’un petit diable
Un mélange
De «  tu me tues, tu me tues »
Le silence, le repas pourri sur la table
Et le ciel
Les cris non-stop de l’enfant
Et le ciel
Le sourire d’une hirondelle
Et le ciel
Un mélange
La lumière au fond du mur
Et l’attente, les larmes et la honte, une arme et la main tremblante, une âme et le cœur en vente, l’impuissante haine de l’enfant et la mère qui chante
Et la mère suicidaire
Et Marie
Le ciel
Le bruit de la porte et «  Marie tu me tues, tu pourris l’air »
Et le beau sens
Et la bête qui sort
Marie le dragon

C’est un mélange…
Une mélasse, masse informe
Explosion inanimée
Chose confuse mal fagotée
Liant du tout avec du rien
Nourriture crûement mâchée
puis recrachée

C’est le mélange
De l’absurdité et du temps
De la souffrance et du vide
De l’absence et de l’espace
De l’espoir et d’un mouroir

C’est un mélange
Ce n’est rien
Qu’un mélange
Ce n’est rien
Ce n’est rien

C’est du rien en trop
C’est du trop dans le champ de vision
C’est la poussière dans l’oeil
L’accouphène continu
Le cor sous le pied
C’est un mélange de
Ce qui ne doit pas se voir
C’est laid
Ne doit pas se sentir
Ca pue
Ne doit pas se manger
Ne doit pas se toucher…

Ce qui ne doit pas se dire.

Ce mélange…
Apre bataille
C’est la vie et la mort
Jouant des coudes
Sans jouissance
Dans le cœur de Marie
Dans le cœur du Dragon
Petit boum
Petit boum
Un grand BOUM…

Le ciel
l’attente, les larmes et la honte, une arme et la main tremblante, une âme et le cœur en vente, l’impuissante haine de l’enfant et la mère suicidaire qui chante
Marie le dragon.
La poussière
Dans les bras
Dans l’œil
Dans le sang
Dans le cœur.

Audrey Chambon & Khalid EL Morabethi

L’Homme roi

Entre le démon penseur et l’âme puante,
Entre la joie forcée du père et sa fille qui chante,
Entre les ‘’ Boum Boum ‘’ d’un cœur et c’elle d’une bombe,
Entre la terre et l’argent qui tombe,
Du ciel,
Entre la terre prise et l’homme qui prie,
Le ciel,
Entre le baiser de malheur et ses rêves qui ne lui appartiennent pas,
Entre la mort proche et tout ce qui ne se réalisera pas,
Entre son pistolet bien chargé et sa faiblesse,
Entre le regard de sa fille et la peur qu’elle se blesse,
Entre le démon penseur et l’âme puante,
La mère n’est que souriante. 

Quel lourd carcan
Pour un seul, quel poids !
Peut-être serait-il temps
De cesser d’être roi.

Responsable de tout,
Lâche donc la pression, Homme,
Car tu n’es maître de rien
Et n’es pas seul en ce royaume.

Dans ta tête violemment s’ébat
Le manichéisme des valeurs
D’un monde pourtant en soi
Fait de nuances de couleurs.

Ecoute ta fille, écoute la mère,
Dans leurs mains résident les secrets
Tellement présents, jamais cachés
D’une vie que tu trouvais amère.

Partage donc ta puissance
Et avec elles tisse la toile
Qui te portera, bienveillante
Vers ce ciel que ton égo voile.

 

Poème en duo avec Khalid El Morabethi