Les murs, de Annie L.

Les murs,

Il y a ma tête,

Dans ma tête il y a des murs,

Ils ont voulu murer ma tête,

En faire une prison noire et profonde et vide,

Ne pas penser, ne pas savoir, ne pas apprendre,

Du vide, pas de paroles, pas de chants, pas de cris exprimés, la bouche cousue,

Le chemin de l’école à la maison, de la maison à l’école,

A l’école il y a les livres,

Ils cognent dans les murs pour les faire trembler,

Et la couleur comme sur le chemin de l’école vient tapisser les parois du trou noir,

Et les mots poussent les parois du trou noir,

Ils s’envolent, j’ai peur, je ris,

Je me cache sous le drap dans le noir de la chambre,

La lueur de la lampe dissimulée au creux de mes mains,

Là au plus profond de la nuit,

Je cours sur le chemin,

J’embrasse la terre,

Je chante le soleil,

Et je tombe à genoux,

Les murs ont explosé,

Ils n’en savent rien, je garde le secret,

Chaque nuit quand leur écran s’éteint,

Les mots sur la page s’animent.

 

Advertisements

One thought on “Les murs, de Annie L.

Leave a Reply

Fill in your details below or click an icon to log in:

WordPress.com Logo

You are commenting using your WordPress.com account. Log Out / Change )

Twitter picture

You are commenting using your Twitter account. Log Out / Change )

Facebook photo

You are commenting using your Facebook account. Log Out / Change )

Google+ photo

You are commenting using your Google+ account. Log Out / Change )

Connecting to %s