Les étoiles filantes

Cher X

C’est pas des carrés, pas des conneries, c’est pas de ma faute. J’ai les mots qui blessent, me blessent. Être étrangère dans son propre univers, simple spectatrice, observatrice passive. Je crache dans ta tête, je ne veux pas que tu puisses avoir la paix. Non, jamais la paix. Déshabille-toi, enlève ton âme, retire les tissus et les mensonges, éteins la lumière et découvre ton corps . Espère sans même t’arrêter, espère sans cesse, sans prendre le temps de respirer… Les étoiles filantes me font peur, elles sont libres, trop libres pour moi. Dans le désert je me découvre, et patiemment j’attends.
Les étoiles brillent jusque sous terre. Elles sont terriblement seules dans l’immensité du ciel. Faut pas chercher le paradis. En bas, il n’y a jamais la paix. La tête au fond de l’eau d’un étang vaseux, les cheveux ondulant comme des serpents, ton corps mort d’un être à l’abandon.
Esclave qui subit, ton intimité à la vue de tous. Tout est tellement sombre, comment distinguer la mer du ciel? Tu t’es perdu dans le noir. Perdu à chercher quoi ?

Je te semble certainement confuse mais mes sentiments palpitent, chauds, violents, vivants…
J’ai plus envie de m’excuser, j’ai pas envie de bien parler, bien penser, bien décrire, je vous emmerde, je crie, suffoque, laissez moi sortir, laisse moi sortir…
Mes vêtements, déchirés… nue, je suis nue… de l’air, de l’air que je brille sans retenue avec les étoiles, sur les étoiles, sur leur traînée scintillante, et je serai libre, oui libre !
Et ne venez pas me dire, et ne viens pas, et ne viens pas tout court, laisse moi chevaucher le ciel, d’ailleurs il m’appelle, tu ne peux pas l’entendre, tu ne peux pas savoir… tu es trop là, et moi je suis trop loin…
Lâche moi, tiens moi, laisse moi, garde un bout, juste un bout, mais de loin, tiens la ficelle du ballon, et moi je pars, et puis hop, je coupe la corde et t’es là comme un con. Pardon.
Je veux plus, j’en peux plus, je t’aime, non je ne t’aime pas, j’ai besoin de toi, mais de loin, de loin, j’ai besoin d’air, je veux ailleurs, je veux liberté, je veux étoiles, voie lactée et galaxies, trous noirs et hop, plus rien, trop loin…
Et pas, pas de reviens, enfin un petit bout de ficelle… tiens, prends un cheveu, un seul, c’est suffisant, un jour peut-être je reviendrai, pour le récupérer, pour, me souvenir, de mon passé.

Adieu cher X, la comète passe maintenant.

 

En duo avec le poète Khalid El Morabethi

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