Manon

 

Le vent hurle dehors, comme un amant jaloux,
La rue est déserte,
Hormis la misérable chose aux longs cheveux,
Qui attend misérablement au milieu.
Drapée d’une longue robe aussi sombre que sa chevelure,
Et d’un voile translucide qui cache partiellement sa figure,
Seuls ses yeux sont visibles et peuvent voir
Seule, elle n’a plus peur,
Seule et sourde aux diables conseilleurs
Et au reste.

Soudain ils s’animent autour d’elle
Frôlant, impatients, son petit corps frêle
Ils ne la regardent même pas, ils s’en foutent
Car le temps c’est connu leur coûte ;
Dans les sillons humains gris et blancs, noirs et gris
Manon tend sa main, calmement, et le vent la prend
Et sur sa joue fatiguée vient raviver le sang
Qui, on lui avait dit, avait coulé jadis,
Et le sang enhardi poursuit son chemin
Pour déposer la vie où les diables avaient feint
De la lui insuffler…

Il parait que son cœur est en béton armé,
Il parait que son cœur est en béton armé,
Il parait que son cœur est tombé,
Et puis rien,
Et puis …

Puis un cercueil,
Puis les mots s’effacent des feuilles,
Puis une plaque funéraire avec une phrase,
« Demain est un autre jour, ne m’oubliez pas, je serai de retour. »

 

Poème en duo avec le poète Khalid El Morabethi

Advertisements

Leave a Reply

Fill in your details below or click an icon to log in:

WordPress.com Logo

You are commenting using your WordPress.com account. Log Out / Change )

Twitter picture

You are commenting using your Twitter account. Log Out / Change )

Facebook photo

You are commenting using your Facebook account. Log Out / Change )

Google+ photo

You are commenting using your Google+ account. Log Out / Change )

Connecting to %s