Corporis

Poème en duo avec Khalid El Morabethi

Des corps,

Qui se frôlent dans une chaleur étouffante,

Et puis des corps qui marchent, courent et chantent,

Chantent leurs haines écrites sur leurs veines,

Devant ceux qui s’en foutent, ils chantent leurs peines

Et puis des corps,

Juste des corps qui doutent,

Des corps qui se fondent,

Qui se rendent,

Qui se confondent,

Qui se dégagent de la table ronde,

Des corps !

Les corps vacillent,

Les corps sont en transe,

Les corps dansent,

Ce soir, ils dansent,

Ce soir, ils pensent,

Ce soir, ils dansent autour du sens,

La passion est hors du corps et le sens danse,

Le sens est en feu.

Des corps,

Ils dansent, encore et encore

Jusqu’à ce que les pieds saignent,

 

Puis las de danser

Et plus las encore de penser,

Ils tombent lourdement

Les uns après les autres

S’entassant, tas de chairs

Nerveuses s’agrippant

Aux mensonges qui s’enfuient

A la rage qui vomit

A la crasse au pus au sang,

Chairs amollies ouvertes aux vents;

Et ils crient

Ce qu’il leur reste

La détresse et l’ennui;

Et ils gémissent d’être seuls

Dans la danse macabre

Seuls, tous collés les uns sur les autres

Les autres tout collants et

Tous seuls aussi…

 

La masse grotesque,

Exsangue,

Râle et expire

L’abcès crevé

Et puis fin.

Advertisements

Leave a Reply

Fill in your details below or click an icon to log in:

WordPress.com Logo

You are commenting using your WordPress.com account. Log Out / Change )

Twitter picture

You are commenting using your Twitter account. Log Out / Change )

Facebook photo

You are commenting using your Facebook account. Log Out / Change )

Google+ photo

You are commenting using your Google+ account. Log Out / Change )

Connecting to %s