Spleen sans idéal

La pluie grise les gouttes grises reflètent Paris. Les trottoirs et  les gens grisonnent en chœur la mélodie sans cœur, la chanson ne célèbre pas elle se plaint, gémit des notes ternes qui se noient dans le brouhaha des klaxons de voitures grises à la pollution grise qui s’insinue et rend les cancers gris tandis que l’atmosphère viciée donne des idées noires. Dans tout ce gris moi je m’aigris, maigris de ces aliments fades, d’où viennent-ils? D’une terre lasse, un terreau d’ennui, l’ennui, cette peste qui coule dans mes veines affaiblies par la fatigue de vivre, l’énergie combative usée à se grimer pour matcher le vide commun tant affligeant. Corps épuisé, grimoire poussiéreux d’où coule une magie noire qui rend les âmes sombres et malades. Je me lasse, cet état de fait roule sur un sable marbré de profonds sillons anthracite qui s’amplifient, où est donc passé le sable blond? Devant moi seule la grisaille s’épanouit, coincée dans une prison sombre aux solides barreaux gris je ferme les yeux et plonge dans le spleen qui me berce, mais vite le malaise de mes pensées me tord et j’ouvre les yeux, cherche la sortie… une fenêtre pour libérer l’esprit, mon regard s’égare dehors… de gros nuages gris, c’est le ciel de Paris.

 

 

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One thought on “Spleen sans idéal

  1. Pingback: Spleen sans idéal | Mona de B.

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