La Toison d’Or, de Sarah …

 

En ces temps où régnaient d’anciens dieux oubliés
A chaque aurore ma plastique j’exposais
aux chauds rayons qu’Hélios depuis son char dardait,
moi l’hyperboréenne en cette île honorée
 
Les falaises de Rhodes accueillaient, matinales
ma beauté nue et blonde en cet instant unique:
quand à l’horizon naît, d’un soleil iconique,
la lueur promettant des heures séminales.
 
Car de ces lieux j’étais la prêtresse sacrée
celle qui aux fidèles offrais la faculté
d’approcher le divin par une union charnelle
en vue de trouver leur vraie voie spirituelle
 
Comment aurais-je pu hélas imaginer
que le vue de mon corps qui Hélios ravissait
d’amertume Clymène emplissait sans freiner
et qu’en grand secret sa vengeance elle ourdissait?
 
C’est à la faveur des ténèbres que dans ma
chambre se glissa la perfide océanide
où elle déroba de mon vagin humide
l’abondante toison sans que rien m’alarma
 
Au réveil voulant la caresser comme chaque
matin, submergée fus-je alors par la  panique
De désespoir vers mes orteils je me voûtai
Et à grands cris en ces  termes me lamentai:
 
“Ô ma pauvre toison, que t’est-il advenu?
En quel endroit infâme es-tu donc détenue?
Qui donc va te brosser, te peigner, te soigner,
et entretenir ta folle blondeur ignée?”
 
Emu par ma détresse, un héros ambitieux
se fit fort de quérir mon système pileux.
Jugulant mon chagrin, d’un oeil bleu le toisai
et sans plus de façons son nom lui demandai.
 
Ce myrmillon hardi se dénommait Jason
Vorheez. Il celait son visage derrière un
masque de hockeyeur et étreignait en son
poing un coutelas aux reflets couleur d’embruns.
 
Il me dit posséder en mon port un cargo
Un antique rafiot rouillé du nom d’Argo
De me rendre sur place il me parut plus sage
Pour y voir de mes yeux avec quel équipage
 
Il prétendait pouvoir restituer à mon
vagin l’intégrité de sa personne. Son
personnel consistait en la pire canaille
des slashers, des thrillers _ quelle horrible racaille!
 
Freddy Kruger sous son chapeau nauséabond
Le si poupin Chucky, le si sombre Ghostface,
Le crochu Ben Willis, le bruyant Leatherface
(Jean-Baptiste Grenouille aussi dans l’entrepont)
 
“Et comment comptez-vous” leur demandai-je alors
“retracer le trajet de mes poils couleur d’or?”
A ces mots s’avança le fameux parfumeur
Qui se fit fort de les retrouver à l’odeur.
 
“Votre Toison d’Or nous ramènerons sans faute!”
M’affirmèrent-ils tous d’une voix claire et haute
“Je vous la remettrai moi-même entre les cuisses”
Conclut leur capitaine sans que je m’en enquisse
 
D’un seul coup de machette à ces mots les amarres
Jason Voorhees trancha et s’en fut sur la Mare
Nostrum le bateau qui portait tous mes espoirs…
… je ne devais hélas plus jamais le revoir
 
Pour rendre hommage à ces modernes Argonautes.
Il fallait trouver un symbole qui connote
de leur acte l’entier désintéressement
en le représentant par un saint dénuement
 
Et c’est depuis lors qu’en toute lubricité
J’exhibe partout la noble glabricité
de ma vulve qui fait par sa candeur nacrée
la sexualité rester un art sacré
*
Poème de Sarah …
*
Alice n’adhère en aucun cas aux thèses fascistes de cette dame qui malgré tout m’impressionne par son imagination, son univers et surtout la grande qualité de son écriture. Alice a fait le choix de publier ce poème sur son blog car elle a décidé de considérer l’art avant tout, en ayant pris soin de sélectionner celui-ci et pas d’autres.
*
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