La Chouette, Jean-Jacques Marimbert

Dormir enfin dormir
paupières ourlets de peau
fripée rose non jaune
noire de charbon
mais dormir ne plus
penser à quoi que ce soit
sous les paupières deux yeux
de lune froufrou de plumes
disque blanc de l’effraie
percé d’un bec duveteux.
 
Soudain vrille le cou tête
chavire étonnée à la nuit
s’envole froisse le ciel espace
percé de branches silencieuses
des lambeaux du passé
flottent au vent acide
au sol une myriade d’étoiles
de peurs minuscules
courent rampent se faufilent
trop tard interdit de dormir.
 
Les serres se déploient
se ferment sur de petits corps
chauds de petits corps
agités de rêves impossibles
courir échapper à la mort
pattes trop courtes accrochent
à peine l’herbe des yeux vides
cherchent où dormir là dans
ce trou si douillet tapissé de
feuilles de menthe de laurier
qui le matin vite le matin
qu’il arrive enfin ce parfum.
 
Non reflet du soleil au fond
des pupilles insondables de
la chouette repue alors oui
le matin est là et les petits
yeux rejoignent la terre
et sous la terre il n’y a
plus que les soleils
des nuits anciennes et
le sommeil de la chouette
dans le clocher d’une
ruine métaphysique.
*
(12 août 2014)
*
Jean-Jacques Marimbert
*
tiré de son blog Au jour, la nuit
*
Advertisements

Leave a Reply

Fill in your details below or click an icon to log in:

WordPress.com Logo

You are commenting using your WordPress.com account. Log Out / Change )

Twitter picture

You are commenting using your Twitter account. Log Out / Change )

Facebook photo

You are commenting using your Facebook account. Log Out / Change )

Google+ photo

You are commenting using your Google+ account. Log Out / Change )

Connecting to %s