La Plénitude Bleue

 

Je revois cette immensité bleue, vibrante, douce et puissante, comme un mirage ; la mer et le ciel… ou était-ce le contraire ? Tanger.  Ou celle que je nomme La Plénitude Bleue.

Dans ta côte méditerranéenne je plonge car mon amour tu m’appelles ! Comme une vague délicieuse tu me submerges et me rends aveugle à toute autre couleur que l’azur et sourde à toute autre musique que le silence mêlé à la brise marine caressante… Mon ami, pardon, je ne t’écoute pas, mon esprit est si loin.

Une abeille passe. Progressivement absorbée par l’azure bienveillante, l’insecte se marie sans retenue avec ta beauté, et celle-ci m’envahit à mon tour. Voluptueusement je te laisse m’effleurer et m’embrasser, puis après m’être donnée sans limite à celle qui me rassure, j’arrange un lit de verdure et de roche pour m’endormir sereine dans ton aura bleue.

Je t’aime, oui je t’aime ! Pour ta générosité infinie et ton intégrité sans faille. Toi la reine généreuse et rarement capricieuse, régnant et nourrissant les hommes qui t’habitent. Et de ces soi-disant élus je ne suis jalouse et ne me sens frustrée car tu te donnes à eux et tu te donnes à moi, sans peine et jamais ne t’épuises ou ne te lasses. C’est cette émotion confiante que tu me procures qui me rappelle chaque jour ta profonde universalité.

Je suis triste, c’est moi qui suis partie. Là où je vis désormais la chaleur de béton m’envahit du manque et je m’évade un instant dans tes nuances absolues… me voilà calmée, car là-bas je t’ai aimée si fort que ton corps dans mes yeux à jamais s’est gravé. Bientôt. Oui je pressens que ce tenace mirage va être à nouveau réalité.

Mais je suis chagrine à te revoir mon amour, ton fantasme en soi me confortait. Je t’ai vécue, aimée, sentie, et je te crains désormais. Une partie de toi, mon ami, chante mes louanges et je prends peur. L’obsession de ce tourment m’affecte aujourd’hui et je ne veux de cela avec toi, ma mie.

Je ne sais si je te verrai avant peu, ma chère Tanger, s’il en est ainsi nous entonnerons alors ensemble notre ballade amoureuse ; je serais bien triste que tu aies à la fredonner seule. Et si le destin nous rend grâce, peut-être aussi chanterai-je l’ode à l’amitié…

Mais n’est-ce pas qu’un rêve éveillé, un leurre pour te revoir ma bien aimée? Puis-je me mentir et risquer de te haïr? Puis-je t’aimer entière, avec tout et tous ceux qui te composent ? Aimer comme toi d’un amour universel, irréfléchi, serein ?

Toi qui ne trembles devant rien, communique-moi ta force immense, ta beauté lumineuse et ta générosité infinie. Car tu es la mère qui ouvre ses bras hospitaliers et me murmure « Viens, pour toi il y a toujours une place. Et pour ton voisin, à sa voisine, ainsi que pour toutes celles et ceux qui se cherchent dans mon horizon »

Oui, ton amour ma chère Tanger apaise les âmes compliquées qui, à défaut de comprendre leurs semblables, sentent avec clarté ce que l’humanité dans ton berceau aurait de plus belle.

Nous rejoindrons nous un jour, toutes deux paisibles comme tes eaux et ton ciel ?

 

Alice a depuis revu sa belle

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