Promenade dans les étoiles, de Patrice T.

C’était un soir d’été, une belle soirée,
Dans la douce chaleur du soleil déclinant;
Revenant éreinté par une randonnée,
La lumière du jour allait en déclinant.

La nuit impatiente ne voulait plus attendre,
Et Vénus se levait dans le jour moribond;
Je m’allongeais fort las, dans un champ d’herbe tendre,
Face au ciel qui passait d’azur à bleu profond,

Lorsqu’il fut noir d’encre, parut la Voie lactée,
Arche lumineuse, parsemée finement,
D’une poudre d’argent, qu’on aurait dispersée,
De l’horizon jusqu’à l’acmé du firmament.

Dans les faibles clartés, mouvantes et instables,
De fines structures aux contours linéaux,
Mes yeux s’accoutumaient, en rendant déchiffrables,
Les cieux dont je cherchais les chemins principaux.

D’abord je repérais, aisément, la Grande Ourse.
Tirant une ligne du bout de son chariot,
Jusqu’à la Polaire, parmi la Petite Ourse,
Trace du destin de la nymphe Callisto.

Comme deux aiguilles d’une montre stellaire,
Qui semblait entraîner, depuis l’horizon Est,
La voûte céleste, vaste et spectaculaire,
Jusqu’à disparaître sous terre vers l’Ouest.

Le trône en double ‘V’, marque de Cassiopée,
Me parut éclatant, sobre et majestueux,
Sur la même ligne, juste auprès de Céphée,
Bien avant Pégase, le destrier fougueux.

De cette région naît l’essaim des Perséides,
A l’entour du douze août, quand nous croisons leur vol ;
Larmes de Saint-Laurent, belles météroïdes,
Au-dessus du couchant où cligne l’œil d’Algol.

Non loin, Andromède, flocon de nébuleuse,
Au léger flou troublant l’œil un peu hésitant,
M Trente et un, pourtant, apparaît fabuleuse,
Dans l’œil des lunettes, un spectacle envoûtant.

Au cœur de ces vortex, de tailles formidables,
Quantités d’étoiles, émergent du néant,
Au cœur des nuages de matières instables,
Où des Supernovae explosent puissamment.

D’immenses étendues, de gaz et de poussières,
Aux nombreuses régions d’astres en formation,
S’y trouvent fécondées d’orages de matières,
Futures matrices de planètes à foison.

Regardant plus au sud, dans la noirceur limpide,
Je vis dans sa splendeur, le triangle d’été,
Tellement éclatant dans ce ciel translucide,
Qu’il fascine l’homme par sa sobre beauté.

Il y brillait Deneb, blanche supergéante,
En tête du Cygne, d’éclat adamantin,
Et aussi Altaïr, la double et bleuissante,
Dont le corps de l’Aigle parait être l’écrin.

Complétant le trio par Véga de la Lyre,
Dont la blancheur froide se nuance de bleu;
Elles formaient ensemble une céleste mire,
Pour ceux qui y cherchaient un chemin fabuleux.

Semblables à tous ceux qui, sous toutes latitudes,
Se fient à ces astres, voyageurs ou marins,
Parmi les profondeurs nommées infinitudes,
Repérant ces phares, au milieu des embruns.

Revenant vers l’ouest, très au-delà d’Hercule,
En pointe du Bouvier, il siégeait Arcturus,
Non loin de l’horizon, où juste au crépuscule,
S’enfonçait le Lion, et son cœur Régulus.

En continuant, loin, le long de l’écliptique,
Au sein de la Vierge, l’œil accrochait l’Epi,
Au fil de ce parcours d’allure initiatique,
Qui pourtant me laissait alors presque assoupi.

Quand je vis sur le fond de la terne Balance,
Le rougeoiement de Mars, à la couleur de sang;
Et aussi Saturne dont la grande brillance,
Permettait dans l’instant de connaître le rang.

Poursuivant toujours, à travers le Zodiaque,
Paraissait le Scorpion, et la rouge Antarès,
Que l’on croirait forgée par un feu démoniaque,
Aux confins des enfers, où règnerait Hadès.

Il semblait menacé par l’arc du Sagittaire,
A travers Ophiuchus découpant le Serpent,
Et depuis baptisé du nom de Serpentaire;
Dans un ciel si riche qu’il semblait lactescent.

La noire béance de vide interstellaire,
Qui ouvrait le Grand rift, gouffre du ciel profond,
Que sa propre noirceur rendait spectaculaire,
Paraissait à jamais sinistre et infécond.

La rotation du ciel, continuant encore,
Fit surgir la Lune, dont le mince croissant,
Précédant de très peu le retour de l’Aurore,
Dévorait le Taureau, siège d’Aldébaran.

Sensible à la beauté de notre galaxie,
Doucement s’apaisaient le mystère et l’effroi,
Au point que je baignais dans une ataraxie,
Ne laissant place alors à aucun désarroi.

Mais la faible lueur, délicate et subtile,
Qui, progressivement, pointait dans le lointain,
M’annonçait le retour du destin versatile,
Dans la trivialité d’un monde souverain.

La venue de l’aube suivait la douceur nocturne,
Comme après un rêve profond et merveilleux,
S’achevant par l’éveil de la pâleur diurne,
Eteignant peu à peu chaque étoile des cieux.

Patrice T.

http://www.lespoetes.net/plpoeme.php?id=4221&theme=

 

Alice a fait son tour dans les étoiles

 

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